Si la prestation de l’AI entre en vigueur cette année, c’est grâce au travail de petites associations bénévoles qui se sont démenées depuis des années. En Suisse romande, Cap-Contact et Dominique Wunderle ont accompagné de premiers couples-test formés d’une personne handicapée et de son assistant.
Le reportage va à la rencontre de trois d’entre eux: Béatrice et Christine, Patrick et Ralf, ainsi que Marie-Claude et Fabienne. Les handicaps ne sont pas les mêmes, l’assistance est ponctuelle ou permanente, mais les témoignages se rejoignent: la formule fait l’unanimité.
Assistance ou institution
La personne handicapée avance surtout la possibilité de ne plus être dépendante des soins à domicile. Comme le dit Béatrice, finis les couchers en début de soirée et les douches à heures fixes. Pour Marie-Claude, dont la myopathie requiert une présence permanente, la perspective était plus douloureuse: sans assistance, elle aurait dû aller en institution.
Les assistants, eux, apprécient un job auquel ils peuvent accéder sans une formation particulière. C’est le cas de Christine, qui rêvait de travailler dans le social. Et Ralf, l’assistant de Patrick, a été engagé alors qu’il ne maîtrise pas bien le français. Mais l’employeur l’a choisi pour sa spontanéité et son côté direct, comme le personnage de Driss dans le film.
La contribution d’assistance ne va pas seulement maintenir les gens à domicile, mais elle va aussi inciter des pensionnaires de foyers pour handicapés à envisager une vie ailleurs, dans leur propre logement. Entre ceux qui restent à la maison et ceux qui voudraient quitter leur institution, ces candidats pourraient être plus de 2000 en Suisse, tous bénéficiaires - c’est une condition indispensable - de l’allocation d’impotence.
Comment ça marche?
Pour engager un assistant, la personne handicapée doit acquérir les qualités d’un employeur. C’est elle qui va engager et payer son employé. L’AI calcule ses besoins et remboursera les factures sur la base d’un tarif brut horaire d’au moins 32 francs 50. Pour rassurer ceux qui s’inquièteraient des formalités, le financement d’un coup de pouce administratif est aussi prévu.
Dominique Wunderle, de Cap-Contact, ne cache pas sa satisfaction de voir la contribution d’assistance inscrite maintenant dans la loi. Et cela juste au moment où "Intouchables" cartonne dans les salles de cinéma. "On n’aurait jamais osé rêver d’une telle coïncidence - et le succès du film fait que, maintenant, beaucoup de handicapés s’intéressent à la contribution d’assistance."