Nouvelle diffusion de l'émission du 31 janvier 2010.
Sur trois Africains de l'Ouest, deux sont Nigérians. Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigéria est non seulement l'un des plus gros producteurs de pétrole au monde, mais aussi l'un des plus grands pourvoyeurs d'émigrants économiques en Europe.
En Suisse, notamment, où ils grossissent les chiffres des immigrants sur lesquels l'Etat n'entre pas en matière. Entre janvier et juillet 2009, le Nigéria était la deuxième nation, après l'Erythrée, en termes de demandes d'asile (1'002, selon l'Office fédéral des réfugiés).
L'Europe ou l'espoir d'une vie meilleure
De quoi j'me mêle tente de comprendre quels sont les mécanismes qui poussent des milliers de Nigérians à quitter chaque année leur pays et à alimenter les réseaux de trafic humain.
A Lagos, mégalopole de 15 millions d’habitants, Arnaud Robert rencontre des Nigérians qui ont fait le choix de partir en Europe et qui, après quelques mois ou quelques années, ont été reconduits dans leur pays par les autorités suisses. Ils tentent, malgré la désillusion, de reconstruire leur vie dans une ville qu’ils ont fui.
Cette obsession de l’Europe, le fantasme d’une vie meilleure, s’exprime aussi dans le désir des jeunes footballeurs qui se voient déjà appartenir un jour aux meilleures équipes du Vieux Continent. Une "Star Academy" du ballon rond au Nigéria mise sur ce rêve.
Une Afrique désertée par ses enfants
Avec un entrepreneur de Lagos, qui possède la plus grande entreprise de funérailles du pays, nous tentons aussi de saisir les difficultés, la corruption généralisée, l’absence d’infrastructure, qui empêchent nombre de jeunes diplômés d’imaginer leur avenir sur place.
Ceux qui tentent de partir alimentent l’industrie de la migration clandestine qui se concentre à Lagos. Rencontre avec un fabricant de faux passeports qui, pour vivre, exploite cet espoir d’une vie meilleure au Nord.
Entre opportunismes et utopies, Arnaud Robert dresse le portrait d’une certaine Afrique désertée par ses enfants.
Un reportage d'Arnaud Robert, dans une réalisation de Didier Rossat, présenté par Marc Giouse



