Nouvelle diffusion de l'émission du 14 mars 2010.
Dans les mois à venir, le peuple suisse devra se prononcer sur une nouvelle initiative pour le renvoi des étrangers criminels. Dans la proposition de l'Union Démocratique du Centre (UDC) figure une liste de délits (dont les actes de violence, mais aussi le brigandage et le trafic de drogue) qui entraineraient l'expulsion automatique des étrangers délinquants du territoire suisse.
Dans un contexte où les crimes commis par les étrangers font les gros titres des médias et où près des deux-tiers des places de prison sont occupées par des étrangers, l'initiative mise sur un sentiment répandu d'aversion envers les ressortissants étrangers qui commettent des délits.
Et les petits délinquants?
Si une majorité de gens s'accordent sur le fait que, comme l'affirme le vice-président de l'UDC Yvan Perrin, "un violeur en séries ou un assassin étranger n'a rien à faire sur le territoire", que penser du renvoi des petits délinquants?
C’est pour ces jeunes gens, dont une grande partie de la vie et de la famille sont enracinées en Suisse, que nous essaierons de comprendre ce que cette initiative pourrait changer.
Au Centre de détention de Frambois, dans le Canton de Genève, nous rencontrons des Africains dont le renvoi pose cette question fondamentale: de quelle société sont-ils le produit? Existe-t-il une essence criminelle chez les étrangers qui pousserait le législateur à renvoyer "chez lui" un homme qui n'y a pas grandi? Comment renvoyer un homme dont l'Etat d'origine ne veut pas?
Un problème complexe
Avec l'avocat Christophe Tafelmacher, mais aussi un jeune Turc dont le jugement de renvoi a été cassé par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, nous explorons la question de la légalité internationale de cette "double-peine" qui fait débat dans toute l'Europe.
Sans résumer à grands traits un problème complexe et sans parti-pris, Arnaud Robert donne la parole aux témoins, aux acteurs et aux spécialistes d'un débat miné.
Et notamment à Innocent Naki, qui travaille depuis longtemps en Suisse sur la stigmatisation particulière de la criminalité étrangère.
Et il conclut sur la seule interrogation qui vaille: une nouvelle initiative va-t-elle améliorer la situation dans le champ de la délinquance?
Un reportage d'Arnaud Robert, dans une réalisation de Jean-Philippe Zwahlen, présenté par Marc Giouse.



