Un collier pour protéger les moutons du loup

Vendredi, 03 septembre 2010 à 15:28

Pour mettre au point le collier, les spécialistes étudieront les loups en captivité. [Keystone]

Equiper les moutons d'un collier qui émettrait un répulsif à l'approche d'une attaque de loup, telle est l'idée développée par un étudiant de la HES de Sion. Le projet a trouvé écho auprès du spécialiste des loups Jean-Marc Landry.

Le projet en est au stade des études préliminaires, explique à l'ATS Fabien Matter, étudiant en infotronique à la Haute Ecole Spécialisée (HES) à Sion. De nombreuses recherches doivent encore être menées avant le développement d'un premier prototype, idéalement d'ici mars 2011.

Lors d'une interview sur la télévision régionale valaisanne Canal 9, Jean-Marc Landry a dit avoir été séduit par l'idée lorsque l'étudiant la lui a présentée. Ce n'est pas la solution miracle contre le loup mais elle peut être intéressante dans de nombreuses situations.

Basé sur le stress

Concrètement le collier contrôle le rythme cardiaque du mouton. Lorsqu'il est trop élevé en raison du stress d'une attaque de loup par exemple, le collier libère automatiquement une substance ou un bruit susceptible d'éloigner le prédateur.

Fabien Matter en a eu l'idée en suivant un débat sur la problématique du loup au printemps dernier. Il a réfléchi à une solution pouvant séduire à la fois les partisans et les opposants au loup. Il a tout de suite songé à un dispositif pouvant suivre le troupeau. Dans un premier temps il a pris contact avec les participants au débat qui l'ont dirigé vers le vétérinaire cantonal lequel lui a suggéré de contacter Jean-Marc Landry.

Ce dernier a accepté de collaborer au projet dont les premières bases ont été jetées cet été. L'étudiant a pu travailler durant un mois à son projet grâce au soutien de Menth Electronique à Sierre (VS) qui lui a mis à disposition le matériel nécessaire. Un dossier pour la recherche d'un financement a aussi été préparé.

Mieux connaître les animaux

Les études qui restent à mener touchent essentiellement deux paramètres: le loup et le mouton. Les recherches doivent permettre de trouver un stimulus auquel le loup réponde. Dans l'idéal, le signal doit être suffisamment important pour que le prédateur comprenne dès la première tentative qu'il ne doit plus s'approcher du troupeau. Jean-Marc Landry se charge de mener ces études, d'abord sur des loups en captivité.

Il assurera aussi les recherches sur le mouton. Il s'agit de déterminer le niveau de stress lors d'une attaque. Le rythme cardiaque d'un mouton augmente en effet dans certaines circonstances et il servira de barème pour la libération du stimulus.

L'étudiant s'occupera de la conception du collier, des capteurs de pouls qui seront alimenté par des cellules solaires. Mais il est aussi possible que toutes ces recherches aboutissent à la conclusion que l'idée n'est pas réalisable, admet Fabien Matter. Elles auront alors au moins servi à en savoir davantage sur le comportement de ces animaux.

Un premier prototype pourrait voir le jour en mars 2011. La finalisation du projet peut alors être envisagée pour le printemps 2012 pour passer à la commercialisation. Le coût du collier devrait être de l'ordre d'une soixantaine de francs.

ats/lan