Avant le 11 septembre, Obama appelle à l'unité

Vendredi, 10 septembre 2010 à 22:06

Le président a tenu à rassembler, à deux mois des élections de mi-mandat. [Reuters]

A la veille de l'anniversaire des attentats du 11-Septembre, Barack Obama a appelé vendredi ses compatriotes à ne pas s'en prendre les uns aux autres et à faire preuve de tolérance religieuse. Un appel qui intervient sur fond de controverse sur la place de l'islam dans la société américaine.

"Je ferai tout mon possible tant que je serai président des Etats-Unis d'Amérique pour rappeler aux Américains que nous formons une nation sous le regard de Dieu, et que nous appelons peut-être Dieu par des noms différents, mais nous demeurons une nation", a dit le président américain au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

"Nos ennemis sont Al-Qaïda"

"Il est d'une importance cruciale que la majorité écrasante des Américains demeure fidèle à ce qu'il y a de meilleur en nous: une croyance en la tolérance religieuse, une idée claire de l'identité de nos ennemis", a-t-il dit. "Nos ennemis sont Al-Qaïda et ses alliés qui essaient de nous tuer, mais qui ont tué plus de musulmans que qui que ce soit d'autre sur terre", a-t-il insisté.

Ces remarques interviennent à l'issue d'une semaine qui a vu la tension monter à la suite du projet d'un pasteur extrémiste de brûler des exemplaires du Coran le 11 septembre, et sur fond de polémique sur la construction d'une mosquée à proximité de Ground Zero à New York.

Tout en disant comprendre le caractère très sensible de ce dernier dossier, Obama a répété que les musulmans avaient le droit de construire un lieu de culte à cet endroit, tout comme les chrétiens, les juifs ou les hindous pouvaient y construire leurs lieux de culte. Le président a rappelé aux Américains qu'une telle position affaiblissait la rhétorique d'Al-Qaïda.

George W. Bush loué

Il a d'ailleurs chanté les louanges de son prédécesseur George W. Bush qui avait fait comme lui la distinction entre les terroristes et la religion musulmane. Il a toutefois reconnu que sa propre administration avait "failli" dans son objectif de fermer la prison de Guantanamo et a répété son intention de juger les responsables du 11 septembre, sans néanmoins ne fixer aucune date.

Concernant le projet - temporairement suspendu - de brûler des exemplaires du Coran, Barack Obama a mis en garde ses compatriotes contre des gestes qui leur permettraient d'"attirer l'attention" mais qui pourraient mettre des Américains en danger, en particulier des soldats déployés en Irak et en Afghanistan.

afp/bkel

Barack Obama défend sa politique économique

Cette conférence de presse a aussi été l'occasion pour Barack Obama de défendre sa politique économique, à moins de deux mois d'élections qui pourraient voir l'opposition républicaine tailler des croupières aux démocrates au Congrès en capitalisant sur le mécontentement dû au chômage.

Il s'est dit déterminé à faire accélérer une reprise économique "douloureusement lente" et a appelé une nouvelle fois les républicains à coopérer pour adopter des mesures d'aide aux petites entreprises.