Cinq personnes ont été tuées et 39 autres ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans un nouvel attentat suicide contre une unité militaire au Daguestan, dans le Caucase russe, une nouvelle attaque qui frappe cette région en proie à une rébellion. Les autorités russes se veulent, malgré tout, rassurantes.
L'attentat s'est produit à 00h30 (20h30 GMT) sur le territoire du polygone de Dalniï appartenant à l'unité des fusiliers-motocyclistes stationnée près de la ville de Bouïnaksk, selon une source au sein des forces de l'ordre locales, citée par l'agence RIA Novosti.
Un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée à l'entrée du camp militaire utilisé pour des manoeuvres, a indiqué cette source. "Selon les premières informations, l'attentat a fait cinq morts et 39 blessés", a-t-elle précisé. Pour sa part, le ministère russe de la Défense a fait état de trois morts et 36 blessés.
Cratère de trois mètre
La puissance de l'explosion était équivalente à environ 100 kilos de TNT, a déclaré un responsable des forces de l'ordre locales, cité par RIA Novosti. L'explosion a fait un cratère de trois mètres de diamètre, selon la même source.
Les militaires avaient repéré la voiture du kamikaze et bloqué l'entrée du camp avec un camion, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense, cité par RIA Novosti. "Après plusieurs tirs de sommation, les sentinelles ont ouvert le feu sur le kamikaze" en le tuant, a-t-il indiqué. "La voiture s'est écrasée contre le camion avant d'exploser (...) l'explosion s'est produite à l'extrémité du camp, sinon le bilan des morts aurait été beaucoup plus lourd", a-t-il souligné.
Selon un responsable des forces de l'ordre locales, une deuxième explosion est survenue peu après sur une autoroute, où devait passer une voiture de police dépêchée sur les lieux, sans faire de victimes. Le Parquet militaire russe a déclaré enquêter sur les circonstances de l'attentat.
Rébellion islamiste
Le Daguestan, république voisine de la Tchétchénie, est en proie à une révolte armée islamiste qui mine tout le Caucase russe. Les violences y sont quotidiennes, en dépit de mesures de stabilisation prises, les combattants rebelles visant en particulier les représentants des autorités et des forces de l'ordre.
Il y a tout juste 11 ans, le 4 septembre 1999, un attentat meurtrier s'était produit à Bouïnaksk. Soixante-huit personnes avaient alors été tuées et plus de 150 autres blessées dans un attentat à la voiture piégée contre un immeuble occupé par des familles de militaires.
afp/os